dimanche 14 novembre 2010

Je me prépare

C'est fou ce que j'ai besoin de passer du temps avec lui. Et plus je passe du temps avec lui, plus j'apprends à le connaître, on se parle en toute ouverture et ça me permet de lui laisser me voir sous mon vrai jour. Notre relation s'est améliorée à 250% depuis quelques mois. Je ne suis plus la petite fille impressionnée et apeurée par l'autorité paternelle mais bien une femme de 40 ans, maman d'une fillette de 9 ans. Je suis une femme qui s'est prise en main, qui reconnaît ses faiblesses, ses torts et qui sait admettre où j'ai manqué dans mes rapports de communication avec lui, dans le passé. Ça en est tout autrement aujourd'hui, j'ai vieilli, maturé et surtout, cheminé, oh ça oui!

Les fois où je téléphone pour avoir de ses nouvelles, souvent il dort et je finis par parler qu'avec sa blonde. "Comment il va?" est devenu presque une marque de commerce. Que je téléphone à n'importe quelle heure de la journée, je ne sais jamais si j'avais la chance de lui parler directement car il dort de plus en plus, une vraie marmotte. Si au moins il dormait et qu'il prenait du mieux et sortait de son hibernation, ça serait encourageant, mais ce n'est pas le cas...

Il commence à perdre l'appétit. Ce n'est pas lui ça, il a toujours beaucoup mangé. Il m'a dit qu'il mange maintenant le 1/4 de ce qu'il mangeait auparavant. Il a même vomi cette semaine après un souper. Son bassin lui fait terriblement mal, il ne peut presque plus marcher. Ses seuls déplacements se passent entre son fauteuil, la table à manger, la salle de bain et son lit... Et s'il le faut, jusqu'à l'auto, où il a à descendre 7-8 marches, que j'imagine pénible dans sa condition.

Toutes les recherches que j'ai fais ou les gens avec qui j'ai parlé de "cancer généralisé" m'ont tous dit qu'habituellement on compte une espérance de vie de 3 à 6 mois... Et quand je parle de "cancer des os", tous s'entendent pour dire "Ouf, il paraît que c'est le plus souffrant...". On a eu ce diagnostic en avril dernier. Ça fait donc près de 7 mois, ça veut dire qu'il est "tought" mon père! Un dur de dur... Ça veut peut-être aussi dire qu'il vit sur du temps emprunté et qu'il peut nous quitter d'un moment à l'autre...

Je ne sais pas si je suis prête à perdre mon père. Je ne le crois pas. Il me semble qu'on a encore tout à se dire. Et je ne sais vraiment pas où je réussirai à trouver la force de passer au travers ce deuil, ça me semble être le Mont Everest à surmonter. Ma tante me disait l'autre jour au salon funéraire que lorsque ça va arriver, j'aurai la force pour surmonter cette épreuve, je ne vois vraiment pas comment. Je ne fais qu'y penser et les yeux me mouillent et j'ai le mottons dans la gorge sur le bord d'exploser...


2 commentaires:

Isabelle a dit…

On ne sera jamais prêt à perdre un de nos parents. Ta tante à raison, tu trouveras la force en toi, en l'amour que tu as pour lui, pour surmonter cette épreuve. Pour l'instant, profites de chaque petites secondes. Bisous

Anonyme a dit…

Chère amie,
Je ne peux même pas m'imaginer comment tu peux te sentir. Je devrais peut-être un peu, mais je n'en sais rien.
J'ai toujours vu le grand "C" avec beaucoup de peur-crainte-tabou. J'ai toujours pensé que je m'effondrerais si ça se passait dans ma famille ou mes amis. Je suis en déni total à l'idée de perdre mes parents. Je sais que je ne peux pas vivre sans eux. Et pourtant, j'ai du faire face à la musique dernièrement et... OUF!

Je te l'ai dit souvent mais... profite du temps que tu as avec ton papa. Tu as une chance inouïe de le "savourer". Je suis tellement heureuse pour toi, cette nouvelle relation que tu as avec lui, c'est génial! C'est la vie qui t'offre cette opportunité. La force s'élève en nous quand le besoin se fait sentir. Ne pense pas à quand ce sera terminé, pense plutôt à maintenant, aujourd'hui, pense à tout le cheminement que tu as fait depuis ces 7 mois.
Lâche pas belle amie, courage, je t'aime très fort.
P. xoxx